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Larva migrans cutanée
Ajouté le 04-08-2005 - Lu 11348 fois
Aussi appelé Larbish
Personnes sensibles, abstenez-vous de la lecture de cet article.

Les "larva migrans cutanées", aussi appelés Larbish, sont des affections dermatologiques dues à la pénétration dans la peau de larves d'ankylostome du chien ou du chat. Ce parasitage s'effectue en quelques sortes par erreur : les larves sont en général parasites du chien ou de chat et occasionnellement de l'homme. Les lésions siègent le plus souvent au niveau des pieds. La contamination est accidentelle, par contact cutané avec des déjections animales qui souillent le sol. 

Chez l'animal, l'ankymostome est une parasitose intestinale. Celui-ci est très fortement hématophage. Fixé à la paroi intestinal, il se gave du sang de son hôte. La femelle pond de 5000 à 10 000 oeufs par jour qui sont éliminés dans les selles. Au contact d'un sol propice (chaud et humide), les oeufs vont éclore et libérer des larves qui vont subir une série de mues avant de devenir infestantes (larves rhabditoïdes, strongyloïdes puis strongyloïdes enkystées). La larve, attirée par la chaleur pénètre alors la peau de l'animal, lors d'un contact prolongé. Chez le chien ou le chat, la larve après avoir transitée dans les tissus cutanés, passe dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques, gagne le coeur puis les poumons. Elle remonte l'arbre respiratoire puis bascule dans le tube digestif pour recommencer un nouveau cycle. Chez l'homme, le passage par voie sanguine ou lymphatique est impossible pour des raisons anatomiques : le parasite est en impasse parasitaire et le cycle se termine par la mort de la larve.

La durée d'incubation est courte, en moyenne de 3 jours, mais l'intervalle peut être de 1 jour à un mois. La larve creuse des sillons entre le derme et l'épiderme. Cliniquement, les lésions se présentent sous forme de cordons plus ou moins inflammatoires, prurigineux, de 1 à 5 millimètres de diamètre. Comme souvent dans les lésions parasitaires, le prurit est plus intense la nuit, pouvant devenir insupportable pour certaines localisations (entre les orteils par exemple). Le cordon s'allonge au fur et à mesure de la progression de la larve : cette progression est lente, de quelques centimètres par semaine. Des réactions allergiques locales et des surinfections des lésions de grattage peuvent compliquer cette pathologie, qui spontanément va évoluer vers la guérison, en quelques semaines à quelques mois, avec la mort de la larve. 

Le diagnostic est essentiellement clinique et épidémiologique. Il n'existe pas d'hyperéosinophilie sanguine. 

La prophylaxie consiste à éviter le contact avec le sol. Sur les plages, il faut utiliser une natte en raphia. Il faut éviter le contact prolongé de la peau avec le sable. Une bonne solution est de s'installer où le sable est nettoyé par le flux de la marée. Ne pas marcher pieds nus, surtout en forêt. Attention, les vêtements ne sont pas protecteur vis à vis de la larve d'ankylostome qui peut les traverser. Il faut donc éviter aussi de s'allonger par terre, par exemple après une séance de sport, pour faire des abdominaux... 

Le traitement est fonction de l'étendue des lésions et des complications locales qui en résultent.

  • Pour des lésions étendues, le traitement consiste en l'administration de Thiabendazole (MINTEZOL) par voie orale, à la posologie de 25 à 30 mg/kg/24 h, en 3 prises, à prendre au cours des repas, pendant 4 jours. Ne pas absorber d'alcool durant le traitement.
Pour des lésions moins étendues, une préparation en application locale est suffisante, à renouveler 3 à 4 fois par jour :
  • Lésions simples non compliquées : mise en suspension d'un quart de comprimé de MINTEZOL dans 10 ml de propylène glycol, après avoir bien réduit au mortier.
  • Lésions eczématisées et surinfectées : mise en suspension d'un quart de comprimé de MINTEZOL dans 10 à 15 g de dermo-corticoïde associé à un antibiotique.
  • Lésions très prurigineuses, étendues : malaxage d'un comprimé de MINTEZOL dans 50 g de pommade EURAX.
Toujours vérifier la vaccination antitétanique. 

 

 

D'après un article Dr R.PRADINAUD - Ancien Chef du Service de Dermatologie du Centre Hospitalier de Cayenne.

 
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