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Camopi

Principal village Amérindien de L'Oyapock

Mis à jour le 03-10-2016  |  Publié le 12-07-2005 - Lu 47 452 fois
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Situé en pays Amérindien Émerillon, Camopi est un village très isolé, frontalier avec le Brésil duquel il est séparé par le fleuve Oyapock. La population de Camopi est d'environ 300 habitants sur le village lui-même et 1000 habitants avec les environs. Une piste d'atterrissage permet un accès par voie aérienne mais est souvent inutilisable en saison des pluies. Sinon, c'est la pirogue, avec la remontée de l'Oyapock à partir de St.-Georges. Comptez environ 4 à 6 heures de navigation en saison des pluies, beaucoup plus en saison sèche, en raison des nombreux sauts à franchir.

Le village comporte une école (200 élèves environ), une gendarmerie, un dispensaire médical avec deux médecins et un infirmier, ainsi qu'une épicerie.

Il faut une autorisation préfectorale pour accéder à Camopi. En effet, la région est une réserve indienne à accès réglementé. Malheureusement, cette mise à l'écart est un peu tardive, et l'apparition des Allocations Familiales et autre RMI a complètement déstabilisé le peuple Amérindien : dès la perception des allocations, les hommes (et même les enfants) s'empressent d'aller dépenser en alcool et en filles cet argent facilement gagné et inutile pour ce peuple qui vivait jusqu'alors du troc, de la pêche et de la chasse. Résultat : l'alcoolisme et le Sida sont en train de finir d'anéantir les premiers habitants de cette terre... Vive la civilisation !

S'il y a de l'argent pour les allocations, il en manque cruellement dans d'autres secteurs du village : l'eau est très souvent coupée, le dispensaire médical sans grand moyen, le téléphone, le plus souvent en panne, les maisons sans assainissement et donc l'hygiène très précaire.

Camopi est situé en pleine région aurifère. De nombreux sites clandestins sont installés sur les rives des fleuves avoisinants (crique Sikini surtout), posant de graves problèmes de pollution au mercure. Celui-ci se retrouve ensuite dans la chaîne alimentaire, par l'intermédiaire des poissons, base de la nourriture Amérindienne. Les conséquences sur le long terme risquent d'être dramatiques.

La majeur partie de la main d'oeuvre exploitée (c'est le mot) sur les sites d'orpaillage est d'origine Brésilienne. Beaucoup moins chère que la main d'oeuvre Guyanaise, elle est aussi beaucoup moins regardante sur les conditions de vie, excessivement dures, qui règnent sur ces chantiers pour la plupart clandestins. L'hygiène y est absente, le travail pénible et les maladies tropicales fréquentes (paludisme, leishmaniose, dengue...) sans parler des dermatoses dues au travail dans l'humidité et la chaleur...

Pratiquement tous les orpailleurs brésiliens de la zone frontalière se retrouvent ici. Pourtant, il y a autant d'or côté Brésilien, mais les opérations "musclées" de l'armée et de la police Brésilienne y ont pratiquement fait disparaître l'orpaillage clandestin. Alors, on vient côté français... Les dégats sur l'environnement sont considérables : au mercure vient s'ajouter les huiles de vidange des moteurs, le gasoil, sans parler de la déforestation des zones exploitées. Il suffit de visiter un site abandonné (car épuisé) pour se rendre compte de l'ampleur du désastre...

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